La ville de Rabat a accueilli, les 21 et 22 novembre, les travaux du premier Forum Africain du Parlement de l’Enfant, organisé par l’Observatoire National des Droits de l’Enfant (ONDE), sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, et sous la présidence effective de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem, Présidente de l’Observatoire. Cet événement continental a constitué un moment clé dans la consolidation du droit des enfants à participer activement à la vie publique et à intégrer leurs voix au cœur des politiques qui les concernent.
Selon un communiqué de l’ONDE, les recommandations présentées par les enfants devant SAR la Princesse Lalla Meryem traduisent une prise de conscience croissante de leur rôle dans le développement du continent africain. Les jeunes parlementaires, représentant vingt pays d’Afrique, ont ainsi démontré leur capacité à formuler des propositions concrètes touchant plusieurs thématiques, notamment l’éducation, la santé, la protection et la participation.
Concernant la participation des enfants, les intervenants ont plaidé pour l’intégration du principe de participation dans les législations nationales, le renforcement des programmes de formation destinés aux enfants afin de les préparer à jouer un rôle actif, ainsi que le développement d’initiatives exemplaires telles que les centres d’écoute et les conseils consultatifs. Ils ont également souligné l’importance d’inscrire les droits de l’enfant dans les programmes scolaires à travers des modules dédiés et une formation continue des enseignants.
En matière d’éducation, les recommandations ont mis l’accent sur la nécessité d’impliquer les élèves dans la conception des curricula et des activités scolaires, de renforcer leurs compétences sociales et émotionnelles et d’améliorer la formation des enseignants dans les domaines de la gestion de classe, de l’accompagnement pédagogique et de la communication.
Au volet de la santé et du bien-être, les enfants ont appelé à un meilleur accès aux services de santé physique et mentale dans les écoles et les communautés locales, ainsi qu’à la mise en place de campagnes de sensibilisation ciblant les familles et les acteurs éducatifs. Ils ont également insisté sur l’importance d’impliquer les enfants dans les décisions qui touchent à leur santé.
S’agissant de la lutte contre l’exploitation et le travail des enfants, les participants ont souligné la nécessité de sensibiliser les familles aux dangers du travail des mineurs, de renforcer les mécanismes juridiques pour combattre toutes les formes d’exploitation – y compris le mariage précoce – et de mettre en place une feuille de route africaine commune visant à éradiquer le travail des enfants et garantir un enseignement gratuit et adapté.
Les recommandations ont également insisté sur la protection des enfants en situation de rue, à travers des actions de sensibilisation dédiées, le renforcement des capacités des intervenants pour détecter et signaler les cas de vulnérabilité, ainsi que l’amélioration de la sécurité aux abords des établissements scolaires et l’harmonisation des lois interdisant le mariage des mineurs.
Ces conclusions guideront la coopération entre l’Observatoire et plusieurs pays africains ayant signé des protocoles d’accord en marge du forum, notamment le Burundi, le Cameroun, le Cap-Vert, le Liberia, le Malawi, le Sénégal et la Sierra Leone. Ces accords traduisent la dynamique née des échanges conduits par l’ONDE tout au long de l’année 2025, avec pour objectif de renforcer la coopération continentale en matière de droits de l’enfant.
Les protocoles prévoient l’organisation de sessions de formation, d’ateliers techniques et de conférences, l’échange de données et de bonnes pratiques, ainsi que l’accompagnement technique dans la formation des enfants parlementaires et de leurs encadrants. Ils portent également sur la sensibilisation aux droits de l’enfant, la lutte contre les violences et la promotion de l’éducation.
Le forum s’est conclu par l’adoption de la « Déclaration de Rabat pour la participation des enfants au développement de l’Afrique », un texte fondateur qui place l’enfant au centre du débat public continental. L’événement a également été marqué par la création du Réseau Africain des Droits de l’Enfant, une plateforme dédiée au plaidoyer et à la participation effective des enfants, dont le siège sera établi à Rabat.
Avec la participation de plus de 170 responsables de haut niveau, parmi lesquels des ministres et des présidents de parlements africains, cette première édition confirme l’engagement de l’Observatoire National des Droits de l’Enfant et de ses partenaires à impulser une dynamique ambitieuse garantissant à chaque enfant africain un avenir où sa voix est entendue, protégée, valorisée et reconnue comme vecteur de paix et de développement.

