Le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a souligné, dimanche à Rabat, les raisons de la nécessité du rite malikite, notamment dans le contexte des mutations sociétales rapides et des évolutions actuelles.
Dans une allocution prononcée lors de la séance d’ouverture d’un colloque scientifique organisé par le Secrétariat général du Conseil supérieur des oulémas sous le thème « Le rite malikite à l’épreuve de l’évolution de la société marocaine », M. Toufiq a expliqué que le besoin du rite de l’imam Malik se manifeste à travers plusieurs considérations, dont la présentation de sa méthodologie et de son impact sur la vie des citoyens, en raison des finalités visant à prémunir la société contre l’ignorance et à prévenir l’extrémisme.
Le ministre a indiqué que l’imam Malik a proposé des choix jurisprudentiels spécifiques, notamment en matière de jurisprudence des transactions, soulignant que ses disciples, au fil des siècles, ont contribué à servir et à développer son école juridique. Il a ajouté que l’imam Malik a posé les fondements d’un pilier scientifique majeur dans l’enseignement de la sagesse à travers le fiqh malikite, avec ses règles, ses cas jurisprudentiels et ses efforts d’ijtihad.
M. Toufiq a également évoqué l’accent mis par l’imam Malik sur la nécessité de simplifier les sciences religieuses à l’intention du grand public, ce qui transparaît dans le titre de son ouvrage « Al-Mouwatta’ », rappelant qu’il était en avance sur son époque en accordant une grande importance à l’action. Cette approche a été exploitée par les savants à travers les siècles à travers le principe de l’intérêt général (maslaha). Il a insisté sur la nécessité pressante de ce concept au regard des mutations sociales actuelles, comme en témoigne l’usage généralisé de la notion d’intérêt public à l’échelle mondiale.
Le ministre a, par ailleurs, rappelé les positions fermes de l’imam Malik en matière d’humilité scientifique, d’acceptation de la divergence et de considération de la liberté comme condition de la religiosité, estimant que ces valeurs font de l’imam Malik un modèle pour les savants en termes d’intégrité, d’effort et de service de la religion, et expliquent l’adhésion du public à son école.
M. Toufiq s’est félicité de la tenue de ce colloque scientifique, appelant à la publication de ses travaux et à leur traduction en français et en anglais, afin d’en faire bénéficier les musulmans des pays africains qui suivent le rite malikite.
De son côté, le secrétaire général du Conseil supérieur des oulémas, Saïd Chbar, a souligné que cette rencontre scientifique aborde le rite malikite en tant que l’un des fondements religieux du Maroc, partant de la conviction du Conseil quant à la nécessité de servir et de clarifier ces constantes. Il a indiqué que le Conseil poursuit ses efforts dans ce sens à travers l’organisation d’autres rencontres scientifiques.
M. Chbar a précisé que l’organisation de ce colloque scientifique s’inscrit dans la mise en œuvre de l’une des recommandations de la Commission des études et des recherches scientifiques, adoptées lors de la trente-cinquième session du Conseil supérieur des oulémas.
Les travaux de ce colloque sont répartis en plusieurs axes, notamment « Le rite malikite et la conciliation des avis », « Le rite malikite et les questions de la famille et de la société à l’époque moderne », « Le rite malikite dans la pratique jurisprudentielle au Maroc : une relecture des nouvelles formes de transactions », ainsi que « Les spécificités du rite malikite au Maroc à travers la pratique consacrée ».

