La ville de Salé a connu, au cours des dernières heures, d’importantes précipitations ayant provoqué l’inondation de plusieurs quartiers, suscitant un vif mécontentement parmi les habitants. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des rues submergées et des véhicules bloqués par les eaux.Dans une analyse technique de la situation, l’expert international Mohamed Baza estime que le problème ne réside pas uniquement dans l’intensité des pluies, mais révèle surtout des dysfonctionnements liés à la planification et à la gestion urbaine des réseaux d’évacuation des eaux.Dans une déclaration médiatique, Baza explique que l’évacuation des eaux pluviales en milieu urbain repose sur trois facteurs principaux. Le premier concerne la planification et la conception des réseaux d’assainissement, qu’il s’agisse des eaux usées ou des eaux pluviales, lesquels doivent fonctionner de manière complémentaire. Le deuxième facteur est lié à l’entretien régulier de ces réseaux afin d’assurer leur disponibilité en cas de fortes pluies. Quant au troisième, il porte sur le volume des précipitations et leur durée.L’expert souligne que les pluies abondantes étalées sur une longue période sont généralement moins dangereuses que des précipitations intenses sur une courte durée, qui génèrent des volumes d’eau importants en très peu de temps.Selon Baza, l’efficacité de l’évacuation des eaux constitue un indicateur clé de la qualité de la planification urbaine et de la bonne gouvernance locale, notamment en matière d’entretien des infrastructures.Concernant la capacité des réseaux à absorber de grandes quantités d’eau, il précise que les systèmes d’assainissement ne sont pas conçus pour évacuer instantanément n’importe quel volume de précipitations. Il est normal que l’eau s’accumule temporairement dans certains points avant d’être drainée, à condition que cette accumulation ne dure pas longtemps et ne cause pas de dégâts majeurs.Il ajoute que les normes de conception des réseaux urbains reposent généralement sur la capacité à absorber des pluies dites « trentenales », c’est-à-dire des précipitations dont la probabilité moyenne de survenue est d’une fois tous les trente ans, sans que cela signifie qu’elles se produisent nécessairement à intervalles réguliers.S’agissant des données enregistrées, Mohamed Baza indique qu’une alerte météorologique avait été émise à l’avance et que la ville de Salé a enregistré environ 78 mm de précipitations en 24 heures, dont 60 mm en l’espace de 9 heures, selon des données non officielles mais proches de la réalité.Il estime que ces quantités, bien qu’importantes, ne sont pas exceptionnelles au point de provoquer les scènes observées sur les réseaux sociaux, où l’on voit des voitures submergées et des rues transformées en véritables bassins d’eau.À titre de comparaison, l’expert rappelle les épisodes climatiques extrêmes enregistrés en Espagne en 2024, avec des précipitations atteignant 491 mm en 8 heures, 179 mm en une seule heure à Valence, ainsi que 343 mm en quatre heures dans la ville de Torres. Il souligne que 60 mm de pluie en 9 heures ne devraient pas menacer la sécurité d’une ville disposant de réseaux bien conçus et correctement entretenus.En conclusion, Mohamed Baza affirme que les images observées à Salé ne reflètent pas tant l’intensité des pluies que les insuffisances en matière d’entretien et de gestion. Selon lui, moins de 10 % de la responsabilité peut être imputée aux précipitations, tandis que les facteurs humains portent la plus grande part de responsabilité, une situation qui, malheureusement, ne concerne pas uniquement Salé mais de nombreuses villes.
jeudi, janvier 15
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