Rabat a accueilli, ce samedi, les travaux de la Journée nationale consacrée à la réforme du troisième cycle des études médicales, pharmaceutiques et odontologiques, réunissant près de 800 participants issus du corps médical, des institutions de formation et des instances professionnelles et académiques du Maroc.
Cette rencontre a été dédiée à la présentation et à la discussion des conclusions et recommandations des commissions nationales d’experts, qui ont travaillé ces derniers mois sur les voies de réforme du troisième cycle, dans le but d’améliorer la qualité des parcours de formation et leur adéquation avec les besoins du système de santé national.
Les recommandations abordent l’ensemble des aspects liés au troisième cycle, notamment les conditions et modalités d’accès aux différentes spécialités, l’organisation des formations et leurs programmes détaillés, les méthodes d’évaluation, les conditions de validation des stages et autres activités pédagogiques, l’examen final pour l’obtention du diplôme de spécialité, ainsi que les dispositifs de mobilité aux niveaux national et international.
Cette journée devrait également produire des résultats structurants concernant la situation des étudiants des facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire au sein des établissements de santé territoriaux, qu’ils soient stagiaires observateurs, externes, internes ou résidents. Elle porte aussi sur la révision des systèmes d’études et d’examens des diplômes de spécialité médicale, pharmaceutique, biologique et odontologique, la mise à jour des listes de spécialités et des durées de formation, ainsi que l’unification des contenus pédagogiques à l’échelle nationale.
S’inscrivant dans la continuité de la dynamique nationale de réforme et d’amélioration des formations médicales, cette rencontre constitue une étape stratégique pour la modernisation du troisième cycle, visant à renforcer la qualité des compétences médicales et à garantir leur capacité à répondre aux évolutions rapides et aux défis sanitaires actuels et futurs.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a souligné que le Maroc, sous les Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a choisi de renforcer ses capacités sanitaires et d’assurer la généralisation de la protection sociale. Il a précisé que les ressources humaines en santé constituent le pilier fondamental de ces réformes, afin de répondre aux besoins réels et de réduire les disparités régionales et le déficit dans certaines spécialités critiques.
Le ministre a ajouté que le Royaume vise, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé, à atteindre 45 professionnels de santé pour 10 000 habitants d’ici 2030. Le défi ne réside pas seulement dans le nombre de spécialistes, mais également dans l’amélioration de la qualité et de la rapidité de leur formation, en adoptant une approche proactive pour éviter les pénuries récurrentes et les retards dans la réponse aux besoins de santé.
Pour sa part, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, a rappelé que cette Journée nationale s’inscrit dans les orientations royales qui placent le citoyen au centre des politiques publiques, ajoutant que l’objectif principal des grands chantiers, qu’il s’agisse de la protection sociale ou des infrastructures, est de servir le citoyen, en garantissant l’accès équitable aux soins, notamment pour les populations vulnérables.
M. El Midaoui a souligné que la formation médicale au Maroc repose sur des compétences solides et engagées, et que la réforme vise à développer ces acquis, à les aligner sur les standards internationaux et à unifier les normes au niveau national.
Le président de l’Université Mohammed V, Mohamed Gachhi, a indiqué que le troisième cycle constitue une étape clé dans la construction de l’identité professionnelle du médecin, le renforcement de ses compétences cliniques et analytiques, et l’ouverture aux pratiques internationales. Il a ajouté que l’adhésion à ces réformes permettra d’offrir une formation académique cohérente et adaptée aux besoins des étudiants, des patients et de la société.
Quant au doyen de la Faculté de médecine et de pharmacie, Ibrahim Lakhal, il a affirmé que cette rencontre représente une étape décisive dans la mise en place d’un nouveau modèle national de formation médicale, dans la continuité des réformes menées aux premier et deuxième cycles, visant à proposer un parcours intégré, orienté vers l’autonomie et répondant aux attentes du système de santé national.
M. Lakhal a précisé que ces réformes visent également à renforcer la protection sociale et la couverture sanitaire universelle, à développer les ressources humaines médicales conformément aux standards internationaux, tout en impliquant l’ensemble des parties prenantes — facultés, commissions académiques, syndicats, étudiants, internes, résidents et instances professionnelles — afin d’assurer une réforme globale et efficace.

