L’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) a organisé, jeudi à Rabat, une réunion du comité technique des aires protégées, consacrée à l’examen des moyens de renforcer et de développer le réseau national des parcs nationaux et des zones protégées. Cette rencontre a réuni des représentants de plusieurs départements ministériels, des institutions partenaires, ainsi que des experts et spécialistes de la conservation de la biodiversité.
Selon un communiqué de l’ANEF, cette réunion s’inscrit dans la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité « Kunming-Montréal », qui appelle les pays à protéger au moins 30 % de leurs zones terrestres et marines d’ici 2030, à restaurer les écosystèmes dégradés et à promouvoir une gouvernance participative et durable des ressources naturelles. À cette occasion, le Maroc a réaffirmé son engagement total en faveur de ces objectifs.
Le directeur général de l’Agence, Abdel Rahim Houmi, a souligné que la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 », lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en février 2020, place la biodiversité au cœur des politiques publiques. Cette stratégie vise à établir un réseau cohérent et résilient d’aires protégées et de parcs nationaux, capable de préserver le patrimoine naturel, de soutenir le développement durable et de créer des opportunités économiques pour les populations locales.
Le communiqué rappelle que le Maroc a réalisé des avancées notables ces dernières années dans le développement des aires protégées. Parmi les réalisations majeures figure la création de huit nouvelles zones protégées en 2025, portant leur nombre de 10 à 18 et augmentant la superficie totale de 772 000 hectares à 1 278 617 hectares. L’actualisation du Plan Directeur des Aires Protégées (PDAP) et l’élargissement du réseau des Sites d’Intérêt Biologique et Écologique (SIBE), passé de 154 à 197 sites couvrant plus de 7,6 millions d’hectares, comptent également parmi ces progrès.
Ces acquis ont permis d’améliorer la représentativité des différents écosystèmes marocains — désertiques, forestiers, littoraux, steppiques et humides — tout en renforçant la connectivité écologique entre eux, un élément essentiel pour accroître leur résilience face aux pressions climatiques et humaines.
La réunion a également été marquée par la présentation du projet de création du Parc National Dakhla–Oued Eddahab, considéré comme une initiative structurante pour la conservation des écosystèmes désertiques et le développement socio-économique de la région, à travers la promotion de l’écotourisme et la création d’opportunités durables pour les communautés locales, tout en préservant les ressources naturelles.
Les participants ont également examiné les Plans d’Aménagement et de Gestion (PAG) relatifs à six parcs nationaux : Ifrane, Toubkal, Tazekka, Khénifra, le Haut Atlas oriental et Talassemtane. Ces plans constituent des outils stratégiques pour les dix prochaines années et portent sur la protection de la biodiversité, le développement de l’écotourisme, la prévention des pressions et risques, ainsi que la mise en place d’une gouvernance durable de ces espaces naturels d’une grande valeur écologique.
Ces plans ont été élaborés selon une approche participative impliquant les collectivités territoriales, les coopératives, les associations locales, les services déconcentrés et les partenaires institutionnels.
Dans ce cadre, M. Houmi a souligné que la réussite de ces projets nécessite une mobilisation continue des experts, des chercheurs, des partenaires techniques et financiers, ainsi qu’un dialogue constant avec les régions. Il a également insisté sur l’importance de la coopération internationale dans l’accompagnement des efforts du Maroc en matière de gestion durable, de restauration des écosystèmes et de valorisation des services écologiques.
L’ANEF a par ailleurs indiqué que plusieurs projets de gestion des parcs et des aires protégées bénéficient d’appuis financiers et techniques du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM/GEF), de l’Union européenne, de l’Agence française de développement (AFD) et d’autres partenaires bilatéraux et multilatéraux.
En conclusion, l’Agence a réaffirmé sa volonté de poursuivre le développement d’un réseau national moderne, équilibré et interconnecté d’aires protégées, conforme à la stratégie nationale et aux engagements internationaux du Maroc en matière de biodiversité.

