La commune de Talouine, située au cœur du Haut Atlas dans la province de Taroudant, est réputée pour produire l’un des meilleurs safrans du Maroc, un produit précieux qui exige une grande expertise et un savoir-faire particulier, faisant de cette région un véritable pôle de référence dans ce domaine.Le safran de Talouine est un produit agricole de haute qualité, apprécié pour sa valeur nutritive importante, et constitue une source essentielle de revenus pour les habitants, aux côtés de certaines activités agricoles traditionnelles. Les habitants utilisent ce safran notamment dans le thé et n’hésitent pas à l’offrir aux invités et aux touristes en raison de sa valeur gastronomique et symbolique.La saison de récolte débute après une attente de toute une année, lorsque les fleurs violettes délicates fleurissent pendant seulement deux à trois semaines, ce qui rend la récolte limitée dans le temps et demande précision et persévérance. Dès les premières lueurs de l’aube, les femmes de Talouine, accompagnées de celles des régions avoisinantes, se rendent dans les champs pour cueillir les fleurs avant leur ouverture, car leur exposition au soleil entraîne leur détérioration rapide.La récolte du safran se fait entièrement à la main, et la production d’un seul kilogramme nécessite la cueillette de plus de 150 000 fleurs, soulignant ainsi la nature exceptionnelle de cette épice considérée comme la plus chère au monde.Idris Smeih, directeur de la coopérative agricole “Sakina” de production du safran, explique que cette opération n’est pas aisée, car les précieuses filaments se trouvent à l’intérieur d’une fleur encore fermée, rendant indispensable un travail à la lumière du petit matin afin de préserver leur qualité. Il a également souligné que les femmes jouent un rôle fondamental grâce à leur minutie et leur maîtrise de cette fleur fragile.De son côté, Nezha Baitouni, employée à la coopérative, précise que l’étape de préparation est tout aussi importante que la récolte, puisqu’après la cueillette, les femmes procèdent au tri des filaments, puis à leur pesée et leur séchage avant leur mise en vente, insistant sur leur vigilance à récolter les fleurs avant leur ouverture afin de garantir la qualité du safran.La hausse du prix du safran, sa valeur nutritionnelle et l’augmentation de la demande ont favorisé l’extension de sa culture dans la région, conduisant à la création de nombreuses coopératives et associations œuvrant pour sa valorisation et sa commercialisation, ce qui a amélioré les revenus des agriculteurs.Dans le cadre du soutien à la filière du safran, Talouine a accueilli récemment la 16ᵉ édition du Festival international du safran, placée sous le thème : « La gestion durable des ressources en eau, levier de développement de la filière safran dans les zones montagneuses », et organisée en cohérence avec la stratégie nationale « Génération Verte 2020-2030 ».Le festival a enregistré la participation de près de 93 coopératives provenant de six régions du Royaume, offrant ainsi un espace d’échange d’expériences dans la production et la commercialisation du safran, en plus d’un grand salon dédié aux produits locaux et à la coopération économique.Le programme de cette édition a également inclus des ateliers spécialisés en marketing numérique et entrepreneuriat, en plus d’activités culturelles et artistiques, avec la remise d’honneurs à des professionnels et acteurs de la filière.Il est à rappeler que le Maroc, avec une production avoisinant cinq tonnes par an sur 1 250 hectares, et la présence de 120 coopératives et 15 unités de valorisation, se classe comme quatrième producteur mondial de safran, après l’Iran, l’Inde et la Grèce.
lundi, janvier 12
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