Les rideaux sont tombés, ce samedi soir au Théâtre National Mohammed V à Rabat, sur la 18e édition du Festival « Handifilm » du cinéma inclusif, organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Placée sous le thème « La digitalisation et l’intelligence artificielle au service du cinéma inclusif », cette édition s’est achevée par la projection de plusieurs films en compétition, l’annonce des œuvres primées et la remise d’hommages à des personnalités artistiques et militantes engagées dans la défense des droits des personnes en situation de handicap.
Le court-métrage marocain « Afhamni » a remporté le Grand Prix du festival, confirmant ainsi la vitalité de la production cinématographique nationale et sa capacité à aborder les questions de l’inclusion à travers des approches créatives et innovantes. Cette édition a également été marquée par une forte présence arabe, avec la première participation de l’Arabie saoudite, du Bahreïn et de la Turquie, dont les films ont décroché plusieurs distinctions, témoignant de l’intérêt croissant pour le cinéma inclusif dans la région.
L’une des séquences les plus marquantes de la cérémonie de clôture a été la projection du documentaire « L’Espoir » du réalisateur et membre du jury Bouchâib El Massaoudi. Le film retrace le parcours de Abdelssalam, un quadragénaire atteint d’une arthrite chronique invalidante, dans un récit empreint de courage et de résilience. L’œuvre a suscité une forte interaction du public en raison de sa charge humaine et de son message inspirant.
La cérémonie a également rendu hommage à Claudia Corsolini, présidente de l’organisation italienne OVCI La Nostra Famiglia E.T.S, en reconnaissance de son engagement constant en faveur de l’éducation inclusive et de son soutien durable au festival. Un hommage a également été dédié au militant des droits humains Abdelmajid Makni, salué pour ses actions en faveur des droits des personnes en situation de handicap et de la promotion d’une société plus juste et inclusive.
Dans une déclaration à la MAP, le directeur du festival, Hassan Benkhlafa, a souligné que cette édition « a réussi à transmettre son message en faveur de la promotion des valeurs d’inclusion et de la valorisation de la création cinématographique liée aux questions du handicap ». Il a ajouté que l’ouverture sur de nouveaux pays arabes « reflète l’élargissement de l’intérêt pour le cinéma inclusif et confirme la dimension régionale croissante du festival ». Il a également mis en avant la contribution des ateliers, masterclass et rencontres parallèles au renforcement du débat sur le rôle de l’intelligence artificielle et des outils numériques dans l’amélioration de l’accessibilité et la production de contenus cinématographiques inclusifs.
Cette édition a par ailleurs été marquée par l’organisation d’une table ronde sur l’éthique de l’intelligence artificielle et les moyens d’améliorer l’accessibilité du contenu cinématographique pour les personnes ayant un handicap sensoriel, en plus d’ateliers pratiques consacrés à l’utilisation des technologies dans les projets culturels, ainsi qu’un atelier sur les techniques de mise en scène et d’écriture visuelle animé par l’artiste Azelarab Kaghat.
La 18e édition du festival s’est ainsi achevée en mettant en lumière les expériences cinématographiques qui intègrent les outils numériques et l’intelligence artificielle pour faciliter l’accès à l’image et au son, et en réaffirmant le rôle du cinéma comme vecteur de sensibilisation aux droits humains et de promotion d’une société inclusive.

