Les participants à une conférence nationale organisée jeudi à Casablanca ont souligné la nécessité de moderniser le cadre législatif marocain relatif à la lutte contre la violence à l’égard des femmes, afin de répondre aux défis contemporains, notamment la violence numérique, le harcèlement en ligne et l’exploitation via les espaces digitaux.La conférence, intitulée « Pour une loi efficace et globale de lutte contre la violence à l’égard des femmes : vers une vision réformatrice intégrée », a mis l’accent sur l’importance de réformer la législation pour garantir une protection efficace des femmes et des filles contre toutes les formes de violence, qu’elles soient physiques, sexuelles, économiques ou numériques, en se basant sur l’expérience du Code n°103.13 relatif à la lutte contre la violence faite aux femmes.Anas Saadoun, membre du Club des Juges du Maroc, a indiqué que cette rencontre visait à mettre en lumière les lacunes existantes dans le dispositif légal, tout en reconnaissant les acquis du Code 103.13, qui a instauré un cadre conceptuel avancé et criminalisé certaines pratiques telles que le harcèlement sexuel et l’expulsion du domicile conjugal, tout en mettant l’accent sur la prévention et la prise en charge des victimes.Dans une déclaration à l’Agence Maghreb Arabe Presse, Saadoun a précisé que l’application pratique du code rencontre encore des défis, notamment sur le plan procédural, ce qui limite l’accès des victimes à la justice et souligne la nécessité de mécanismes de soutien et d’indemnisation en l’absence d’un fonds spécifique pour les victimes.Pour sa part, Lakbir Lamskem, vice-président de l’association Droits et Justice, a rappelé que la conférence s’inscrivait dans le cadre de la campagne des 16 jours de lutte contre les violences basées sur le genre, cette année centrée sur la violence numérique, en raison de l’expansion des technologies numériques et de la propagation de cette forme de violence sur les réseaux sociaux. Il a appelé à renforcer la protection des femmes et des filles face à toutes les formes de violence, notamment par l’adaptation de la législation aux évolutions contemporaines.Cette rencontre, organisée par l’association Droits et Justice dans le cadre du projet « Daba Momkin : Unis pour un nouvel âge de l’inclusion et de l’égalité sociale », réalisé en partenariat avec l’association Migration et Développement et financé conjointement par l’Union européenne, a également été l’occasion de présenter un rapport analytique sur les lacunes législatives et procédurales dans le domaine de la lutte contre la violence faite aux femmes, basé sur l’analyse du Code 103.13 et des rapports nationaux.Les discussions ont aussi porté sur des cas judiciaires concrets mettant en évidence les insuffisances dans la protection des femmes et des filles et la conformité du code avec la Constitution marocaine et les conventions internationales, notamment la CEDAW (Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes).La conférence a réuni des experts et expertes en questions de genre ainsi que des représentants d’organisations de la société civile, avec pour objectif de formuler une vision réformatrice commune visant à améliorer le cadre législatif, renforcer la coordination institutionnelle entre les services de protection, de signalement, de suivi et d’accompagnement, et développer des approches intégrées incluant prévention, accompagnement, protection et suivi, tout en traitant les défis liés à la violence numérique.
lundi, avril 27
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