La ville d’Oujda a accueilli, ce samedi, une rencontre régionale consacrée à la transparence et à la bonne gouvernance, offrant un espace de réflexion sur le rôle croissant de l’engagement citoyen dans la promotion de l’intégrité et le renforcement de la confiance au sein de la société. Les participants ont souligné que l’implication des citoyens constitue un levier essentiel pour soutenir la gouvernance publique et lutter contre la corruption, dans un contexte où le Maroc poursuit une dynamique visant à renforcer l’ouverture institutionnelle et la participation civique.
Organisée par l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, en partenariat avec l’Association Rouad Attaghyir pour le développement et la culture, cette rencontre a permis de rappeler les profondes mutations qu’a connues le pays au cours des deux dernières décennies, notamment en matière d’implication des citoyens dans l’évaluation et le suivi des politiques publiques. Les intervenants ont insisté sur le fait que l’élargissement de la participation citoyenne demeure une condition essentielle pour poursuivre les réformes engagées et consolider les valeurs d’intégrité au sein des institutions.
Ils ont également souligné l’importance de maintenir un débat public autour du rôle des citoyens dans la prévention de la corruption, à la lumière des orientations royales qui ont érigé la bonne gouvernance et la participation de la société civile en piliers du nouveau modèle de développement. Le renforcement de la conscience citoyenne quant à l’importance de signaler les pratiques corruptives demeure, selon eux, l’un des fondements des politiques nationales en la matière.
Jamal El Moussaoui, chef du pôle communication, société civile et citoyen au sein de l’Instance nationale de la probité, a indiqué que cette rencontre s’inscrit dans une série d’initiatives visant à renforcer l’ouverture de l’Instance sur son environnement. Il a expliqué que l’approche participative adoptée, fondée sur la coopération entre les institutions publiques, le secteur privé et les acteurs civiques, s’aligne sur les discours royaux qui considèrent la lutte contre la corruption comme une responsabilité nationale partagée. Il a également souligné que le renforcement de la présence territoriale de l’Instance à travers des rencontres régionales constitue une étape clé pour la mise en œuvre effective de ses missions.
Pour sa part, Chokib Sebaibi, directeur exécutif de l’Association Rouad Attaghyir, a affirmé que cette rencontre s’inscrit dans un programme global incluant des formations et des ateliers de sensibilisation visant à ancrer les valeurs de transparence et de redevabilité. Il a ajouté que l’événement a permis d’échanger des expériences et d’aborder des thématiques d’actualité, telles que la réforme du Code pénal, les marchés publics ou encore l’amélioration du cadre juridique de la lutte contre la corruption, dans l’objectif de formuler des recommandations concrètes susceptibles de renforcer la culture de transparence.
La rencontre, qui a réuni universitaires, experts et acteurs associatifs, s’est articulée autour de trois sessions scientifiques consacrées aux rôles de la société civile dans la promotion de la transparence, au cadre juridique de la lutte contre la corruption, et à la contribution des acteurs territoriaux dans l’instauration de la bonne gouvernance. Les intervenants ont également analysé les rapports et observations de l’Instance, tout en évoquant les défis liés à la mise en œuvre du principe de responsabilité partagée.
Les discussions ont aussi porté sur les récentes évolutions législatives concernant les marchés publics, les conflits d’intérêts et l’enrichissement illicite, ainsi que sur les missions de l’Institution du Médiateur, du Conseil national des droits de l’Homme et des collectivités territoriales, considérés comme des acteurs clés dans la construction d’un système de gouvernance intégré.
Cette rencontre intervient après trois précédentes sessions régionales organisées à El Jadida, Kénitra et Agadir, en plus de la rencontre nationale tenue à Rabat en février 2025, laquelle a constitué un tournant dans le renforcement de la coopération entre l’Instance et les organisations civiques en matière de promotion de l’intégrité, en cohérence avec les grandes réformes engagées par le Maroc depuis la Constitution de 2011 et le lancement de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption.

