La prison locale El Jadida 2 a accueilli, mardi, la septième rencontre nationale dédiée aux femmes détenues, centrée sur la situation des femmes incarcérées à la lumière des évolutions récentes du système juridique marocain.
Organisée à l’initiative de la Délégation générale à l’Administration pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR), cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la campagne des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre (du 25 novembre au 10 décembre), et vise à améliorer les conditions des femmes détenues ainsi qu’à renforcer les programmes de réinsertion qui leur sont destinés.
L’ouverture de l’événement s’est déroulée en présence, notamment, de la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naima Ben Yahya, du Délégué général à l’Administration pénitentiaire et à la Réinsertion, Mohamed Salah Tamek, du directeur général de l’Entraide nationale, Khattâr El Majahidi, ainsi que du wali de la région Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia.
Les participants ont débattu de plusieurs thématiques essentielles, dont la réforme pénale, l’approche genre, ainsi que la loi relative aux peines alternatives, considérée comme un mécanisme moderne favorisant l’inclusion des femmes détenues. Les discussions ont été encadrées par des universitaires et des cadres de la DGAPR.
À cette occasion, Abdelouahed Jomali Idrissi, coordinateur général de la Fondation Mohammed VI pour la Réinsertion des Détenus, a souligné l’importance de cette rencontre qui s’inscrit dans les efforts visant à améliorer les conditions de détention des femmes et à lutter contre la stigmatisation sociale dont elles souffrent.
Il a précisé que cette édition se focalise sur les nouveautés législatives, notamment dans les domaines du droit pénal et de la loi régissant les établissements pénitentiaires, offrant de nouvelles garanties et perspectives pour les détenues.
De son côté, Benaïssa Bénasser, chef de la division de la réinsertion et du travail éducatif et social en faveur des détenus au sein de la DGAPR, a indiqué que cette rencontre s’inscrit dans une approche méthodologique permettant de personnaliser les programmes de réinsertion au sein des établissements pénitentiaires.
Il a également mis en lumière les efforts déployés pour promouvoir les droits des détenues, à travers divers programmes et initiatives dans les domaines de l’éducation, de l’alphabétisation, de la formation professionnelle et du renforcement des liens avec l’environnement extérieur.
Dans une déclaration à la MAP, l’une des détenues participantes a salué l’organisation de cette rencontre, estimant qu’elle lui offre une occasion importante de se familiariser avec les dernières évolutions légales, notamment celles relatives aux peines alternatives et à la lutte contre la violence à l’égard des femmes.
L’événement a également été marqué par la signature d’une convention-cadre entre la DGAPR, le ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, et l’Entraide nationale, visant à mettre en œuvre la loi 43.22 relative aux peines alternatives.
Cette convention prévoit l’exécution des peines de travail d’intérêt général au sein des centres et associations relevant de l’Entraide nationale, ainsi que la formation des bénéficiaires des mesures de réinsertion grâce aux programmes proposés par ces établissements.
La rencontre s’est clôturée par une représentation artistique intitulée « Marche d’une Nation », interprétée par des cadres de la DGAPR ainsi que par des détenues et détenus, mettant en scène des tableaux symboliques retraçant l’épopée de la Marche Verte, dans un esprit de patriotisme et de cohésion entre le Trône et le peuple.

