Vendredi, un groupe d’experts, de chercheurs et d’universitaires marocains et étrangers s’est réuni à Dakhla dans le cadre d’une rencontre scientifique visant à mettre en lumière les dimensions sociales et souveraines de l’intelligence artificielle et à explorer des perspectives pour développer un modèle africain innovant dans ce domaine.
La première édition de la “Frugal AI Autumn School 2025” s’est tenue à l’École Nationale de Commerce et de Gestion de Dakhla, en collaboration avec la Wilaya de la région Dakhla–Oued Eddahab, le Conseil régional et l’Agence du Sud, et en partenariat avec l’Université Mohammed VI Polytechnique ainsi que plusieurs universités et institutions nationales et internationales.
Durant deux jours, les participants ont étudié de nouvelles approches en intelligence artificielle combinant efficacité technologique, inclusion sociale, souveraineté numérique et développement durable, dans le but de concevoir un modèle africain de référence, souverain, innovant et enraciné dans les réalités locales, au service du développement durable du continent.
Dans une déclaration à la MAP, Mme Aawatif Hayar, ancienne ministre de la Solidarité, de l’Inclusion sociale et de la Famille et présidente du programme Frugal AI for Sustainable Africa, a indiqué qu’une coalition nationale pour l’intelligence artificielle avait été créée grâce à la coopération de plusieurs universités marocaines de premier plan, afin de développer une IA basée sur l’efficacité, la souveraineté numérique et l’inclusion sociale, permettant au Maroc de disposer d’outils technologiques avancés répondant à ses besoins de développement.
Elle a souligné l’importance de l’IA souveraine, notant que les données marocaines sont actuellement stockées et traitées dans des clouds étrangers, et que certains algorithmes mondiaux peuvent influencer l’opinion publique et orienter la pensée des jeunes d’une manière parfois incompatible avec les spécificités culturelles nationales. Mme Hayar a insisté sur la nécessité de développer des algorithmes marocains adaptés aux problématiques locales dans les domaines de l’éducation, de la santé et du développement territorial, tout en valorisant les compétences nationales en mathématiques et en physique et en transformant la recherche scientifique en applications concrètes au service des politiques publiques, conformément à la vision royale d’un avenir numérique et innovant pour le Maroc et l’Afrique.
Pour sa part, Hamadou Salia Hassane, professeur à l’Université TELUQ au Canada, a estimé que cette rencontre illustre la dynamique marocaine et africaine dans l’accompagnement des grandes mutations, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle et de l’éducation.
De son côté, Aziz Seer, directeur de l’École Nationale de Commerce et de Gestion de Dakhla, a affirmé que l’organisation de cet événement vise à renforcer les échanges académiques et scientifiques entre les universités marocaines et étrangères, tout en consolidant la position stratégique de Dakhla à l’échelle régionale et internationale. Il a ajouté que cette initiative, organisée dans le cadre des célébrations du 50ᵉ anniversaire de la Marche Verte et du 70ᵉ anniversaire de l’Indépendance, ainsi qu’après la résolution 2797 du Conseil de sécurité consacrant la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud, contribue à faire de Dakhla un hub de communication numérique basé sur l’IA.
La rencontre a également mis en lumière le rôle de l’intelligence artificielle dans la promotion d’un enseignement plus inclusif et équitable, et dans l’autonomisation des individus et des communautés face aux profondes transformations mondiales, particulièrement en Afrique, où les besoins exigent des solutions innovantes, rapides et adaptées.
Les travaux ont été clôturés par un appel à renforcer la coopération entre chercheurs marocains et africains afin de bâtir un modèle africain de l’IA fondé sur l’innovation, la responsabilité et la souveraineté numérique, et destiné à servir le développement durable du continent.

