Des experts et universitaires ont débattu, jeudi à Settat, des liens entre le sport, le droit et le développement durable, lors d’un colloque international organisé par le Laboratoire de recherche en droit des affaires de la Faculté des sciences juridiques et politiques.
Organisée en partenariat avec l’Institut des sciences du sport et le Bureau du Conseil de l’Europe au Maroc, cette rencontre scientifique a permis d’examiner les transformations juridiques que connaît le système sportif à la lumière des mutations économiques, sociales et technologiques, ainsi que les moyens de renforcer la gouvernance du secteur en cohérence avec les objectifs du développement durable.
La doyenne de la Faculté des sciences juridiques et politiques, Hassana Kajji, a souligné que le choix de cette thématique reflète la volonté de l’établissement d’accompagner les enjeux nationaux et internationaux, notamment dans le contexte des préparatifs du Maroc pour accueillir de grandes manifestations sportives.
De son côté, la cheffe du Bureau du Conseil de l’Europe au Maroc, Carmen Morate Gomez, a rappelé que le sport dépasse désormais le simple cadre du divertissement pour devenir un espace d’interactions diplomatiques internationales. Elle a réaffirmé la disposition de l’Union européenne à soutenir les initiatives académiques visant à développer la législation sportive et à renforcer le partenariat euro-marocain dans ce domaine.
Le vice-président de l’Université Hassan Ier et directeur de l’Institut des sciences du sport, Abdelali Ait Ider, a indiqué que ce colloque offre l’occasion d’un débat approfondi sur les relations entre le sport et le droit, précisant que l’Université contribue au développement du secteur à travers la création du premier institut universitaire spécialisé au Maroc et l’ouverture de nouvelles filières destinées à accompagner les acteurs sportifs.
Pour sa part, le président du Laboratoire de droit des affaires, Riadh Fakhri, a estimé que la prise de conscience croissante du rôle du sport comme levier de développement exige une modernisation du cadre législatif qui l’organise, compte tenu de l’entrecroisement de ses dimensions juridiques, économiques et sociales. Il a ajouté que ce colloque ambitionne de proposer une réflexion académique en vue d’améliorer les outils de gouvernance juridique et de renforcer les mécanismes d’arbitrage et de médiation dans le règlement des litiges sportifs aux niveaux national et international.
Les travaux du colloque se sont articulés autour de plusieurs axes, dont la philosophie du droit du sport, le contrat sportif, le rapport entre sport et développement durable, ainsi que le cadre institutionnel de la lutte contre le dopage et les modes de règlement des différends sportifs.
Les intervenants ont également abordé les défis juridiques liés à l’organisation de grands événements sportifs, tels que la Coupe d’Afrique des Nations et la Coupe du Monde, notamment en ce qui concerne les contrats, les infrastructures, la protection des droits audiovisuels et les responsabilités légales et réglementaires.
La rencontre s’est conclue par un appel à accélérer la réforme de la législation sportive marocaine et à renforcer la gouvernance du secteur, dans un esprit de transparence, de durabilité et de promotion des valeurs universelles portées par le sport.

