La chercheuse internationale en intelligence artificielle, Dr Cornelia Walter, a affirmé, ce vendredi à Rabat, que l’intelligence artificielle sociale constitue aujourd’hui un levier essentiel pour soutenir le développement humain. Selon elle, l’évolution rapide de cette technologie annonce l’avènement d’une nouvelle forme de cognition fondée sur l’intelligence hybride, résultant de la complémentarité entre capacités humaines et systèmes intelligents.
Intervenant lors d’une rencontre organisée par le Fonds des Nations Unies pour la population et le Centre d’information des Nations Unies à Rabat, elle a expliqué que l’intelligence artificielle sociale offre un cadre conceptuel permettant de concevoir des systèmes alignés sur les valeurs de dignité humaine.
Dr Walter a souligné que ce modèle repose sur quatre principes fondamentaux : un design adapté à la réalité, un entraînement sur des données équitables et représentatives, une évaluation rigoureuse de l’impact social, et une orientation des technologies vers l’intérêt général et la protection de l’environnement.
Scientifique reconnue dans les domaines de l’intelligence systémique, des neurosciences et de l’éthique de l’IA, elle a rappelé que cette dernière reste avant tout une innovation humaine créée pour servir l’homme. Elle estime donc nécessaire de repenser les motivations derrière le recours à l’IA et d’en clarifier les finalités.
La chercheuse a également mis en avant la nécessité de s’orienter vers une intelligence hybride alliant intelligence naturelle et intelligence artificielle. « Il ne s’agit pas de choisir entre les deux, mais de les harmoniser pour mieux servir l’humain et préserver la planète », a-t-elle insisté.
Selon elle, l’intelligence artificielle sociale vise à transformer la technologie en un catalyseur positif respectueux de l’environnement, ce qui nécessite un investissement structuré dans des approches hybrides conciliant capacités humaines et systèmes intelligents.
De son côté, la représentante résidente du Fonds des Nations Unies pour la population au Maroc, Marielle Sander, a salué l’intérêt croissant que porte le Royaume au développement de l’IA. Elle a souligné l’importance d’une approche fondée sur la complémentarité entre intelligence humaine et intelligence artificielle, tout en réaffirmant la volonté du Fonds de collaborer avec les acteurs nationaux pour accompagner les orientations futures du pays dans ce domaine.

