Des experts et des participants réunis jeudi à Rabat, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, ont plaidé pour que la santé mentale soit intégrée parmi les priorités des systèmes de santé, au niveau national et international. Ils ont souligné que les troubles psychiques connaissent une hausse préoccupante, notamment dans les contextes de crises, de catastrophes naturelles ou de conflits.
Organisée par l’Association marocaine de planification familiale (AMPF), en partenariat avec le ministère de la Santé et de la Protection sociale, cette journée d’étude, placée sous le thème « L’accès aux services de santé mentale en période de catastrophes et d’urgences », a permis d’aborder les défis liés à la prise en charge psychologique en temps de crise.
Dans son allocution d’ouverture, Khadija El Ghalmi, présidente de l’AMPF, a insisté sur la nécessité de renforcer la résilience des systèmes de santé et de former des équipes spécialisées en soutien psychosocial, tout en garantissant un accès équitable aux services de santé mentale pour l’ensemble des citoyens, en particulier les personnes touchées par les catastrophes ou les conflits.
Elle a rappelé que la santé mentale constitue « un droit humain fondamental », ajoutant que la protection de ce droit en période de crise « ne sauve pas seulement des vies, mais préserve également la dignité, l’espoir et la capacité de reconstruction des communautés ».
Mme El Ghalmi a également appelé à lutter contre la stigmatisation qui empêche de nombreuses personnes de solliciter une aide psychologique.
Pour sa part, Mohamed El Youbi, directeur de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère de la Santé, a révélé que plus de 17 % de la population marocaine souffre de troubles mentaux à des degrés divers. Il a souligné que ces troubles figurent parmi les principales causes d’incapacité liées aux maladies.
Il a ainsi appelé à une mobilisation collective des acteurs du secteur de la santé pour répondre aux besoins croissants en matière de prise en charge psychologique, dans un contexte où les pressions sociales et économiques accentuent les souffrances mentales.
De son côté, Amal El Karraoui, représentante de l’Institut danois contre la torture au Maroc, a insisté sur l’importance d’un engagement ferme et concerté pour améliorer les services de santé mentale et de soutien psychosocial, tout en plaidant pour la protection des droits des jeunes grâce à des soins adaptés à leurs besoins.
Elle a estimé que cette rencontre constitue « une opportunité précieuse pour discuter des actions concrètes et des partenariats nécessaires à la promotion de la santé mentale ».
L’événement a été marqué par deux sessions thématiques consacrées à :
- « La santé mentale dans les politiques publiques »,
- et « Le rôle de la société civile dans la promotion de la santé mentale ».
Les participants ont conclu leurs travaux par une série de recommandations visant à intégrer la santé mentale dans les plans nationaux d’urgence, à renforcer la formation du personnel de santé, et à promouvoir une collaboration accrue entre les institutions publiques et la société civile pour garantir un accès équitable et universel aux soins psychiques.

