Mohamed Abdennabaoui, président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, a affirmé mercredi à Skhirat que la lutte contre la corruption constitue un chantier stratégique permanent au Maroc, reposant sur une vision royale solide basée sur l’État de droit et les institutions.
Lors de son allocution d’ouverture des deux journées d’étude sur le renforcement des mécanismes de contrôle de la gestion des deniers publics, Abdennabaoui a souligné que les infractions financières ne sont pas de simples violations légales, mais des atteintes aux valeurs de la société et à sa confiance envers les institutions, insistant sur le fait que la lutte contre la corruption nécessite la mobilisation de toutes les autorités et des citoyens.
Le responsable judiciaire a rappelé le discours royal prononcé à l’occasion du 17e anniversaire de la Fête du Trône (2016), dans lequel le Roi a souligné que la lutte contre la corruption est une affaire d’État et de société nécessitant la mise en œuvre de mécanismes légaux et la criminalisation de toutes ses manifestations.
Abdennabaoui a affirmé que cette orientation royale confère aux juges une responsabilité historique pour faire de la justice pénale un levier de confiance publique et une garantie de l’État de droit et de la reddition des comptes, précisant que le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire place le renforcement de la compétence spécialisée des juges des crimes financiers parmi ses priorités.
Il a expliqué que le Conseil a mis en place en 2023 une structure administrative spécialisée pour suivre la performance des sections des crimes financiers, et qu’un protocole d’accord tripartite a été signé en juin 2022 avec le Parquet général et la Cour des comptes pour renforcer la coopération institutionnelle et développer les ressources humaines.
Abdennabaoui a indiqué que le nombre d’affaires enregistrées devant les sections des crimes financiers a atteint 436 dossiers au cours de l’année judiciaire écoulée, tandis que le nombre de décisions judiciaires rendues jusqu’à mi-2025 s’élève à 249 jugements, avec un taux de réalisation de plus de 71 % dans les délais indicatifs.
Il est à noter que ces deux journées d’étude, organisées par le Parquet général en partenariat avec le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, la Cour des comptes et l’Inspection générale des finances, visent à mettre en lumière le rôle central du contrôle administratif et judiciaire dans la gestion des deniers publics, à diagnostiquer l’état des dispositifs de contrôle et d’audit, et à présenter l’approche judiciaire dans le traitement des affaires financières publiques.

