La sixième Conférence internationale sur les changements climatiques s’est clôturée samedi à Essaouira, après trois jours de discussions axées sur la nécessité d’assurer une transition énergétique juste et de promouvoir la justice climatique à l’échelle mondiale.
L’événement, organisé sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI par le Centre international de recherche et de renforcement des capacités, en partenariat avec l’Université Cadi Ayyad de Marrakech et avec le soutien de plusieurs institutions internationales de renom, a réuni plus de 100 participants venant de 12 pays, dont des experts internationaux et des intervenants de haut niveau, afin de souligner l’urgence de trouver des solutions concrètes face aux défis croissants posés par les changements climatiques, notamment en Afrique.
Dans une intervention par visioconférence, André Azoulay, conseiller du Roi et président fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, a salué la dynamique collective qui a permis de placer Essaouira au cœur du débat national et international sur les enjeux climatiques et marins. Il a souligné que le Maroc se distingue par une approche globale des océans, ancrée dans ses identités africaine, atlantique et méditerranéenne, lui conférant une légitimité particulière dans la recherche de solutions durables.
Pour sa part, Robert Dollinger, ambassadeur d’Allemagne au Maroc, a présenté les défis auxquels les diplomates sont confrontés pour mettre en œuvre les politiques climatiques mondiales, insistant sur la nécessité de concilier prospérité nationale et engagements internationaux. Il a mis en avant la coopération maroco-allemande comme modèle de partenariat équilibré et d’exemple en matière de développement durable et de lutte contre les changements climatiques.
De son côté, Mohamed Ben Yahya, Directeur Général de l’Agence Marocaine pour l’Efficacité Énergétique, a rappelé l’importance de la coopération internationale, précisant qu’aucun pays ne peut résoudre seul ces crises globales qui touchent la biodiversité, la pollution et le climat. Il a souligné que la mise en œuvre des engagements de l’Accord de Paris reste un processus complexe nécessitant patience, suivi et gouvernance stricte.
Par ailleurs, Ali Bernoussi, représentant de la Banque allemande de développement au Maroc, a insisté sur le rôle central des banques de développement dans le financement de projets verts, rappelant que le Maroc, bien qu’il contribue à hauteur de seulement 0,2 % aux émissions de gaz à effet de serre, subit déjà les effets directs du réchauffement climatique. Il a également mis en avant l’ambitieux plan national visant à réduire les émissions de plus de 50 % d’ici 2035, citant des projets phares comme le parc éolien de Tarfaya et le complexe solaire Noor Ouarzazate.
Les travaux de la conférence se sont achevés par l’élaboration de recommandations visant à renforcer l’adaptation et la résilience des zones côtières face aux changements climatiques. Parmi celles-ci, la création d’un réseau de villes côtières pour partager expériences et solutions, la cartographie des zones à risque d’érosion et la promotion de solutions fondées sur la nature pour mieux protéger les populations et les écosystèmes.
La dernière journée a également été marquée par des sessions de discussion sur des thématiques actuelles, offrant aux étudiants l’opportunité de rencontrer des personnalités de renom. La « CI2C Climate Research Communication Excellence Award » a été décernée, ainsi que des prix à de jeunes chercheurs marocains ayant contribué à la diffusion scientifique et à la sensibilisation aux défis climatiques, complétant un programme incluant sessions générales, ateliers thématiques et visites de terrain centrés sur trois axes principaux : décarbonation, résilience climatique et justice climatique.

