Les participants à un colloque organisé jeudi à Ben Guerir, dans le cadre de la huitième édition du Forum d’Ifrane, ont souligné l’importance pour le continent africain de passer d’une logique d’aide extérieure à une approche centrée sur l’investissement productif.
Cette session, intégrée à la séance plénière d’ouverture du forum, tenue sous le thème « L’Afrique en avant… Valoriser les progrès et construire un avenir commun », a réuni des décideurs des secteurs public et privé, des responsables institutionnels africains et internationaux, ainsi que des experts et dirigeants d’entreprises, pour discuter des leviers permettant de renforcer l’intégration économique et le développement durable en Afrique.
Les intervenants ont indiqué que de nombreuses ressources locales et financements disponibles restent sous-exploités, insistant sur le fait que leur mobilisation, par l’amélioration de la collecte fiscale, le développement des investissements publics et privés et la valorisation des actifs existants, peut contribuer à établir un système économique solide et autonome, réduisant ainsi la dépendance à l’aide extérieure.
Ils ont également insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté économique africaine tout en maintenant l’ouverture aux échanges commerciaux et aux partenariats internationaux. Les participants ont souligné que la définition de priorités stratégiques claires pour le continent, à travers l’encouragement des investissements productifs, la création d’emplois, le développement des chaînes de valeur régionales et la transformation industrielle, constitue une étape essentielle vers un développement durable et équilibré.
Ils ont mis en avant l’importance des réformes institutionnelles, de la bonne gouvernance et de la transparence afin d’assurer une exploitation efficace des ressources internes et externes, générant un impact économique réel et intégré. Le rôle des institutions africaines régionales a également été souligné comme levier essentiel pour coordonner les politiques économiques, faciliter les échanges commerciaux et financiers et renforcer la confiance mutuelle entre les pays.
Par ailleurs, les participants ont averti que le succès de cette dynamique économique dépend d’une vision commune et d’un climat propice aux affaires, capable de transformer le potentiel africain en une croissance durable et intégrée. Ils ont insisté sur la nécessité de traduire les recommandations et les débats en initiatives concrètes et en partenariats durables, permettant au continent de valoriser pleinement ses acquis et de devenir un acteur économique clé sur la scène mondiale, renforçant ainsi son rôle de moteur de la coopération Sud-Sud et de l’intégration régionale.
Le Forum d’Ifrane 2025, dont les travaux se poursuivent jusqu’au 19 décembre, vise à mettre en lumière les succès tangibles de l’Afrique et à promouvoir l’élaboration collective de feuilles de route opérationnelles sur plusieurs priorités stratégiques, notamment la santé collective, l’agriculture et la souveraineté alimentaire, les villes africaines du futur, la gouvernance et la diplomatie économique, les industries culturelles et sportives, ainsi que l’aménagement et les infrastructures.

