Le ministre du Transport et de la Logistique, Abdelssamad Kiyouh, a affirmé, mardi à El Jadida, lors de l’ouverture de la quatrième édition du Sommet de l’industrie ferroviaire au Maroc, que le développement du réseau ferré constitue un axe central de la stratégie nationale pour une mobilité durable et plus efficace.
Il a expliqué que la modernisation du système ferroviaire figure aujourd’hui parmi les priorités majeures du Royaume, en tant que levier pour renforcer la connectivité territoriale, accompagner la croissance constante des déplacements et atteindre les objectifs de compétitivité logistique fixés par le nouveau modèle de développement.
Le ministre a souligné que le Maroc connaît une transformation profonde du secteur ferroviaire grâce à des investissements structurants et une vision intégrée visant la modernisation des infrastructures, la diversification des services et l’amélioration durable de la qualité du transport. Il a rappelé que les efforts menés au cours des deux dernières décennies ont permis de positionner le rail comme un secteur stratégique répondant aux attentes croissantes des citoyens et aux besoins des acteurs économiques.
Kiyouh a également présenté les projets d’extension du réseau à grande vitesse, qui couvrira quatre nouvelles régions, ainsi que le développement des services de train régional rapide à Casablanca, Rabat et Marrakech. Il a précisé que ces projets permettront de réduire les temps de trajet, de faciliter la mobilité quotidienne et de renforcer la cohésion territoriale. Il a ajouté que le raccordement ferroviaire des stades de Rabat, Marrakech et Ben Slimane s’inscrit dans les préparatifs de la Coupe du monde 2030.
De son côté, Mohamed Samouni, directeur général adjoint de l’Office national des chemins de fer et président du Cluster ferroviaire marocain, a indiqué que cette édition se tient dans un contexte de mobilisation nationale inédite pour le développement du secteur. Il a souligné la participation de plus de 1 400 experts et professionnels représentant l’ensemble des composantes de l’industrie ferroviaire, de la grande vitesse aux technologies de signalisation et de sécurité.
Samouni a mis en avant les ambitions industrielles du Maroc, notamment le projet de création d’une unité de production de matériel ferroviaire à Benguerir, destinée à fabriquer des voitures de trains et des équipements répondant au marché national. Selon lui, cette initiative permettra d’atteindre un taux d’intégration locale d’environ 60 %, renforçant ainsi la souveraineté industrielle du pays et son intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
Il a ajouté que ce chantier industriel sera accompagné d’une dynamique forte dans les domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation, en partenariat avec les universités, écoles d’ingénieurs, centres de recherche et acteurs privés. Cette démarche favorisera l’émergence d’une industrie ferroviaire performante capable d’appuyer les grands projets nationaux, notamment l’extension du réseau à grande vitesse et le développement futur du train régional rapide.
En marge du sommet, deux mémorandums d’entente ont été signés, traduisant l’engagement des acteurs institutionnels et industriels à renforcer la coopération internationale et à accélérer la structuration de l’écosystème ferroviaire national.
Le premier accord, conclu entre le Cluster ferroviaire marocain et l’Association espagnole du transport, vise à renforcer la coordination entre les deux écosystèmes ferroviaires à travers le développement de la coopération technologique et industrielle, la mise en place de chaînes d’approvisionnement transnationales, l’échange de compétences, ainsi que la réalisation de projets conjoints de recherche et développement. L’accord porte également sur la formation continue des opérateurs, l’innovation numérique, la transition énergétique et le développement de corridors logistiques euro-méditerranéens.
Le second mémorandum, signé avec les porteurs de projets sélectionnés dans le cadre du programme « Chaires industrielles », vise à finaliser la structuration de ce programme consacré au soutien de la recherche appliquée et de l’innovation dans le secteur ferroviaire, en vue de son lancement officiel et de la définition de ses mécanismes de gouvernance. Il prévoit également la mise en place d’un cadre garantissant la pérennité du dispositif.
Organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le quatrième Sommet de l’industrie ferroviaire est porté par l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations, le Cluster ferroviaire marocain et Advanced Business Events, en partenariat avec l’Office national des chemins de fer. Réunissant plus de 250 entreprises issues de 20 pays et plus de 1 000 participants, cet événement s’impose comme une plateforme incontournable d’échanges et de coopération dans le secteur.
Le sommet aborde, à travers des conférences de haut niveau, des ateliers thématiques et des rencontres d’affaires, les principaux enjeux du développement ferroviaire, notamment les projets structurants en Afrique, la modernisation des infrastructures, les technologies ferroviaires de nouvelle génération, la mobilité durable et le développement des compétences humaines.

