Les travaux de la 19ᵉ édition du Congrès mondial de l’eau se sont achevés ce vendredi par l’adoption de la “Déclaration de Marrakech”, un appel fort visant à hisser l’eau au rang de priorité mondiale sur l’ensemble des plateformes et forums internationaux, notamment la COP31, la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026 et le 11ᵉ Forum mondial de l’eau en 2027.
Selon la Déclaration, la sécurité hydrique est aujourd’hui menacée dans de nombreuses régions du monde, avec des impacts directs sur la santé, l’agriculture, l’énergie, les écosystèmes, les économies, ainsi que sur la paix, la stabilité et la prospérité partagée. Une mobilisation internationale accrue devient ainsi indispensable.
Le document souligne l’urgence d’innover et de renforcer les capacités d’adaptation dans la gestion des ressources hydriques, dans un contexte marqué par une pression croissante sur les systèmes d’approvisionnement en eau, due notamment au changement climatique, à la croissance démographique, à l’urbanisation rapide, à la dégradation des sols et à la pollution.
La Déclaration insiste sur la nécessité de faire évoluer les modèles de gouvernance et les infrastructures hydriques pour répondre à ces défis multidimensionnels, tout en promouvant une innovation éthique et responsable afin d’accélérer la réalisation de l’Objectif de Développement Durable n°6.
Elle recommande également d’investir dans l’adaptation aux effets du changement climatique et dans l’atténuation de ses impacts, en donnant la priorité à des infrastructures résilientes, à des solutions à faible émission de carbone — telles que le dessalement de l’eau de mer alimenté par les énergies renouvelables, la réutilisation des eaux usées ou encore la collecte des eaux pluviales — ainsi qu’à l’amélioration de la gestion des risques et des catastrophes liées à l’eau.
La Déclaration appelle, par ailleurs, à renforcer la coopération bilatérale, régionale, internationale et multilatérale dans le domaine de l’eau, à travers l’échange de données, de technologies et de savoir-faire.
Elle souligne aussi l’importance de mettre en place une gouvernance participative de l’eau, impliquant les femmes, les jeunes, la société civile et les communautés locales dans la conception et la mise en œuvre de solutions concrètes.
Le texte met l’accent sur la nécessité de promouvoir la sensibilisation, la recherche scientifique et la création de plateformes de coopération et d’innovation afin de relever collectivement les défis liés à l’eau. Il appelle également à une mobilisation financière accrue pour garantir des investissements publics et privés innovants, résilients et capables de renforcer la sécurité et la durabilité hydriques.
La Déclaration réaffirme enfin l’importance de reconnaître l’interdépendance de l’eau avec les autres secteurs, en intégrant les dimensions économiques, sociales et environnementales dans toutes les démarches de planification, tout en soutenant le droit à l’eau à travers des politiques et une coopération internationale renforcée.
La 19ᵉ édition du Congrès mondial de l’eau, organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a été portée par le ministère de l’Équipement et de l’Eau en partenariat avec l’Association internationale des ressources en eau. Cet événement a constitué un espace d’échange autour de solutions innovantes et de stratégies d’adaptation aux nouveaux défis d’un secteur hydrique en pleine mutation.
Placée sous le thème « L’eau dans un monde en mutation… innovation et adaptation », cette édition a rassemblé experts, chercheurs, décideurs, société civile et secteur privé autour d’objectifs communs : partager des connaissances, présenter des recherches novatrices, créer des partenariats et développer des solutions concrètes pour une gouvernance durable et une sécurité hydrique mondiale.

