Les autorités syriennes et les Forces démocratiques syriennes (FDS), avec le soutien des États-Unis, tentent de montrer des avancées dans les négociations visant à intégrer les forces kurdes au sein des institutions de l’État syrien avant la date limite fixée à la fin de l’année, malgré l’impasse des discussions et la montée de la frustration parmi les parties concernées.
Selon des sources syriennes, kurdes et occidentales, les réunions se sont intensifiées ces derniers jours. Le gouvernement syrien a soumis une proposition aux FDS, qui contrôlent le nord-est du pays et comptent environ 50 000 combattants. La proposition prévoit de réorganiser ces forces en trois brigades principales et plusieurs unités secondaires, à condition qu’elles renoncent à certaines chaînes de commandement et ouvrent leurs territoires aux unités de l’armée syrienne.
Cependant, plusieurs sources estiment peu probable la conclusion d’un accord global avant la fin de l’année, soulignant la nécessité de poursuites des discussions. Un responsable des FDS a déclaré que les parties étaient « plus proches d’un accord que jamais », tandis qu’un responsable occidental a précisé qu’une éventuelle annonce dans les prochains jours viserait en partie à « sauver la face », à prolonger le délai et à maintenir la stabilité dans une région encore fragile après des années de conflit prolongé.
L’accord historique conclu le 10 mars dernier rencontre de grandes difficultés pour parvenir à l’intégration complète des forces kurdes dans l’armée et les institutions de l’État. L’échec des négociations pourrait entraîner un affrontement armé, compromettant le retour à la stabilité, et risquer d’entraîner l’intervention de la Turquie, qui considère les combattants kurdes comme terroristes.
Les deux parties s’accusent mutuellement de lenteur et de mauvaise foi. Les FDS ne souhaitent pas abandonner l’autonomie qu’elles ont obtenue pendant la guerre, leur permettant de contrôler des zones riches en pétrole et en ressources agricoles après la défaite de l’État islamique.
Les États-Unis jouent le rôle de médiateur, facilitant les discussions entre Damas et les FDS et exerçant des pressions pour trouver une solution, selon un porte-parole du département d’État américain, qui a souligné que le soutien américain au dialogue se poursuivait afin de maintenir l’élan vers l’intégration militaire.
Après l’échec des précédentes séries de pourparlers, les tensions ont augmenté, avec des affrontements sur les lignes de front dans le nord. Les FDS contrôlent des zones stratégiques comprenant la majeure partie de la production nationale de pétrole et de blé, tandis que le mécontentement grandit parmi les populations arabes locales en raison du service militaire obligatoire et de certaines pratiques de l’administration autonome kurde.
Dans ce contexte, un responsable syrien a affirmé que la date limite pour l’intégration restait inchangée, tandis que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a averti que la patience de son pays s’épuisait, malgré sa préférence pour éviter toute action militaire.
Les responsables de l’administration autonome kurde ont souligné que l’accent devait être mis sur le contenu de l’accord plutôt que sur le calendrier, précisant que le traitement de tous les points de l’accord pourrait s’étendre jusqu’à la mi-2026. Les détails logistiques et administratifs futurs détermineront la capacité des parties à parvenir à une solution consensuelle.

