Des participants à un colloque organisé ce samedi à Rabat, dans le cadre de la troisième édition du Forum marocain des industries culturelles et créatives, ont appelé à la mise en place d’un écosystème durable de l’art contemporain, à même de structurer le marché et de renforcer la chaîne de valeur du secteur.
Placée sous le thème « L’art contemporain : structuration du marché, un chantier à renforcer », cette rencontre a réuni plusieurs figures du monde artistique et culturel, qui ont souligné la nécessité de consolider l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur de l’art contemporain, allant de la promotion et de la commercialisation des œuvres à la professionnalisation des différents intervenants.
À cette occasion, le fondateur de Art Holding Morocco, Hicham Daoudi, a mis en avant l’importance d’adopter de nouvelles pratiques capables de dynamiser la circulation des œuvres et de renforcer la dynamique globale du secteur. Il a également plaidé pour la mise en place d’un cadre juridique rénové et d’un système fiscal mieux adapté aux entreprises culturelles, afin de transformer le potentiel artistique en réussites concrètes au bénéfice des artistes.
De son côté, le directeur général de Hangar Y en France, Jean-Michel Crovesy, a estimé que la complexité du secteur de l’art contemporain impose l’adoption d’un modèle hybride associant les secteurs public et privé, dans le but de diversifier les sources de financement, d’élargir le public et de renforcer la légitimité artistique. Il a souligné que le Maroc occupe une place stratégique sur le marché africain de l’art contemporain, tout en notant que la professionnalisation du secteur demeure un défi majeur.
Pour sa part, la directrice de publication de Diptyk Magazine, Myriam Sebti, a considéré que la valorisation de l’art contemporain passe par l’investissement dans la formation des acteurs culturels, ainsi que par le développement des actions de plaidoyer et de promotion à l’échelle internationale. Elle a insisté sur la nécessité de disposer d’une chaîne de valeur intégrée permettant une meilleure représentation des artistes dans les forums internationaux.
De son côté, le fondateur de la galerie Itinerrance à Paris, Mehdi Ben Cheikh, a mis l’accent sur le rôle déterminant des réseaux sociaux dans la promotion des œuvres d’art, soulignant que ces outils numériques ont permis aux galeries de renforcer leur attractivité, d’élargir leur visibilité et d’attirer des artistes internationaux. Selon lui, l’art contemporain repose avant tout sur une dynamique de création et d’engagement artistique, le rôle du marché intervenant dans un second temps.
La troisième édition du Forum marocain des industries culturelles et créatives se tient du 11 au 14 décembre courant à l’Institut national supérieur de musique et d’art chorégraphique à Rabat. Cette édition est organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, avec le soutien financier de l’Union européenne et de l’Institut français du Maroc, en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, ainsi que la Fédération des industries culturelles et créatives au Maroc.
Le forum propose un programme riche et diversifié, reposant sur des formats innovants adaptés aux besoins des participants, notamment des conférences et des tables rondes abordant les enjeux stratégiques du secteur, animées par des experts marocains et internationaux.

