La ville de Tanger a accueilli, vendredi, un colloque national consacré à la montée du discours de haine et de la violence sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux, à l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’Homme (10 décembre).
Organisée à la Maison de la Presse, cette rencontre a réuni des acteurs juridiques, sociaux et psychologiques, et a mis en lumière les risques croissants liés à l’utilisation du numérique, ainsi que les moyens de renforcer la protection des utilisateurs et de promouvoir un environnement numérique plus sûr et responsable.
Les intervenants ont abordé différentes dimensions de ce phénomène, soulignant l’augmentation préoccupante des formes de violence numérique, les difficultés liées à la définition du discours de haine et la nécessité d’une analyse approfondie. Ils ont également évoqué les effets psychologiques d’une utilisation intensive des réseaux sociaux, qui peuvent parfois placer l’individu sous l’emprise de la technologie plutôt que de l’utiliser de manière équilibrée.
Les participants ont insisté sur l’importance de développer des mécanismes de prévention et d’accompagnement pour encourager un usage responsable et protéger la société contre les effets néfastes de ces pratiques.
Lors de cette rencontre, Mohamed Nachnach, doyen des juristes au Maroc, a souligné que la large diffusion d’Internet dans le monde, touchant plus de la moitié de la population mondiale, a favorisé l’émergence de nouvelles formes de violence telles que le chantage, la propagation de rumeurs ou la divulgation de contenus portant atteinte à la vie privée. Il a également noté les opportunités positives offertes par le numérique, notamment l’accès facilité à l’information et aux initiatives de sensibilisation, rappelant les progrès significatifs réalisés par le Maroc dans le domaine des droits de l’Homme et de la cybersécurité.
De son côté, Khalid Benterki, président du Centre Méditerranéen d’études et de recherches juridiques, sociales et sécuritaires, a souligné la pertinence et l’actualité du sujet, précisant que le discours de haine peut se propager très rapidement dans l’espace numérique, et que l’objectif de ce colloque est d’analyser le phénomène et de renforcer les outils permettant d’y faire face efficacement.
L’expert en psychologie sociale, Mustapha Chakdali, a attiré l’attention sur la multiplicité des usages des réseaux sociaux, estimant que ces pratiques transforment progressivement l’homme en un « être numérisé » plutôt que numérique, la technologie devenant parfois maîtresse de l’utilisateur.
En conclusion, les participants ont insisté sur la nécessité de sensibiliser, d’encourager un usage responsable des outils numériques et de poursuivre la réflexion collective, afin de réduire la diffusion de contenus incitant à la haine et de préserver l’espace numérique comme un lieu d’expression constructive et respectueuse.

