Le Maroc a présenté, ce mardi à New York, son expérience avancée dans le traitement des indicateurs de corruption, lors de la deuxième Conférence mondiale sur l’utilisation des données pour améliorer la mesure de la corruption, organisée au siège des Nations Unies du 2 au 4 décembre.
Dans son intervention, le président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, Mohamed Benalilou, a souligné que le Royaume a développé une approche méthodologique innovante qui ne considère pas les indicateurs comme des résultats définitifs, mais comme des outils de dialogue et des leviers pour orienter les politiques publiques.
Il a expliqué que le Maroc a adopté, à travers une démarche participative, une approche nationale « multidimensionnelle » articulée autour de quatre axes stratégiques :
- L’écoute scientifique à travers des enquêtes de terrain,
- Les baromètres de confiance dans les institutions,
- La mesure structurelle via des cartographies sectorielles des risques,
- La combinaison entre données quantitatives et analyses qualitatives.
Sur le plan méthodologique, Benalilou a indiqué que le Royaume a établi des partenariats avec des institutions spécialisées dans la recherche et les statistiques, afin de garantir la solidité scientifique des résultats, la fiabilité des indicateurs et l’intégrité des modèles adoptés. Il a également insisté sur l’importance de la coopération internationale comme pilier essentiel de la lutte contre la corruption.
Le responsable a affirmé que l’élaboration d’indicateurs nationaux approfondis de mesure de la corruption « ne peut être une réalisation isolée ni un produit préfabriqué », mais doit résulter d’une négociation scientifique et d’une construction méthodologique commune, transformant l’indicateur en un langage de dialogue entre systèmes, et non en simples chiffres dans des rapports.
Il a par ailleurs mis en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle, de l’analyse des big data et de la détection de signaux non conventionnels provenant des données ouvertes et des réseaux sociaux, devenus des outils indispensables pour anticiper les risques et comprendre les schémas de corruption.
Benalilou a souligné que les agences de lutte contre la corruption sont désormais appelées non seulement à développer des outils de mesure, mais aussi à en faire de véritables systèmes autonomes de production statistique.
Il a estimé que cette conférence constitue une « occasion pour restaurer la confiance dans les indicateurs », appelant à élaborer une « feuille de route collective » faisant de la mesure un outil de transformation, et non un simple instrument de constatation.
L’événement réunit des décideurs politiques, des experts, des universitaires et des acteurs de la société civile, afin d’échanger sur les expériences, les meilleures pratiques et les innovations en matière de mesure de la corruption et d’évaluation de l’efficacité des politiques de lutte contre ce phénomène.

