Gaza – Des habitants de Gaza affirment que le mouvement palestinien de résistance islamique (Hamas) cherche à consolider son contrôle sur le secteur en gérant les affaires quotidiennes, depuis la régulation des prix du poulet jusqu’à l’imposition de taxes sur les cigarettes, alors que les plans américains pour l’avenir de la région se mettent en place lentement, renforçant les doutes des concurrents quant à la volonté du Hamas de remettre l’administration comme promis.
Depuis le cessez-le-feu d’octobre dernier, le Hamas a rapidement repris le contrôle des zones dont les forces israéliennes s’étaient retirées et a exécuté des dizaines de Palestiniens accusés de collaboration avec Israël, de vol ou d’autres crimes.
Les puissances étrangères exigent que le mouvement désarme et se retire du pouvoir, mais aucune alternative claire n’a encore été définie, ce qui alimente l’incertitude sur l’avenir administratif de Gaza.
Des dizaines d’habitants, y compris des commerçants informés, ont indiqué que le Hamas contrôle tout ce qui entre dans les zones sous son autorité, impose des taxes sur certaines marchandises importées comme le carburant et les cigarettes, et pénalise les commerçants qui vendent au-dessus des prix fixés.
Pour sa part, Ismaïl Thawabta, directeur général du Bureau de communication gouvernemental à Gaza, a démenti ces informations, précisant que les ministères et institutions gouvernementales ne fonctionnent que partiellement, principalement pour gérer les besoins humanitaires et les services essentiels comme la santé, l’éducation et les municipalités. Il a ajouté que le Hamas s’efforce de réguler les prix et les transactions commerciales et qu’il est prêt à transférer le pouvoir à une administration technocratique dès qu’un accord sur les modalités sera trouvé.
Hatem Abu Dalal, propriétaire d’un centre commercial à Gaza, a indiqué que la hausse des prix est due à la rareté des produits entrants, tandis que le gouvernement tente de stabiliser l’économie par des inspections de terrain et le contrôle des prix. Mohammed Khalifa, un habitant du camp de réfugiés de Nuseirat, a souligné la fluctuation constante des prix et la difficulté de la vie quotidienne, notamment avec l’hiver qui approche.
Cette situation intervient dans le cadre de la première phase du plan du président américain Donald Trump pour Gaza, qui a commencé par un cessez-le-feu le 10 octobre et la libération des derniers otages capturés par le Hamas lors de son attaque contre Israël le 7 octobre 2023. Le plan prévoit la création d’une autorité transitionnelle, le déploiement d’une force internationale multinationale, le désarmement du Hamas et le début de la reconstruction.
Cependant, plusieurs sources ont indiqué que la probabilité d’un Gaza de facto divisé entre une zone contrôlée par Israël et une autre administrée par le Hamas est de plus en plus probable, alors que les forces israéliennes restent présentes sur plus de la moitié du territoire et que les efforts pour mettre en œuvre le plan Trump stagnent.
Près de deux millions de personnes vivent sous le contrôle du Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007 aux dépens de l’Autorité palestinienne et du mouvement Fatah dirigé par Mahmoud Abbas.
Les experts estiment que les mesures prises par le Hamas visent à démontrer sa puissance à la fois aux habitants de Gaza et à la communauté internationale. Gaith Al-Omari, chercheur principal à l’Institute for Washington Studies, a déclaré : « Plus la communauté internationale attend, plus la présence du Hamas se consolide. »

