La 17ᵉ édition du Festival de la culture soufie a débuté ce samedi à Fès, sous la haute présidence de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et sous le thème « Poétique de la vie… Les arts dans leurs dimensions spirituelles ». Cet événement vise à faire de la capitale spirituelle du royaume un espace poétique où l’art rencontre la sagesse et la célébration de la vie.
Le président du festival, Fouzi Sqalli, a déclaré à l’Agence Maghreb Arabe Presse que cette manifestation culturelle aspire, à travers sa longue expérience, à répondre à la crise de sens que connaît le monde contemporain, en mettant en avant les valeurs spirituelles et esthétiques qui allient les racines marocaines à une dimension humaine et universelle.
Il a expliqué que ce projet culturel et artistique ambitionne de mettre en lumière un esprit civilisateur renouvelé qui prend son essor à Fès, ville chargée de siècles de traditions soufies et intellectuelles, pour se transformer en plateforme vivante de dialogue entre cultures, religions et arts.
Durant cette édition, qui se poursuit jusqu’au 25 octobre, le festival met à l’honneur le patrimoine spirituel marocain et la diversité de ses voies soufies, considérées comme des « écoles de l’âme et des pépinières de liens sociaux ». Les journées du festival seront rythmées par des performances artistiques, chants soufis et danses spirituelles, mêlant authenticité et ouverture, tradition et modernité.
Le public pourra assister à des expériences artistiques uniques, notamment la cérémonie d’ouverture combinant flamenco soufi et poésie d’Ibn Arabi, ainsi que le spectacle « Mélodies de guérison » qui explore le pouvoir thérapeutique de la musique, et l’hommage « En mémoire d’Ibn al-Khatib » qui évoque la mémoire andalouse.
Le festival présentera également la comédie musicale « Le huppé et les douze oiseaux », inspirée du chef-d’œuvre de Farid al-Din Attar, « La Conférence des oiseaux ». Cette œuvre combine musique, danse et narration symbolique dans un voyage méditatif vers la connaissance de soi et l’élévation spirituelle, avec la participation de la troupe de cirque Shamsi, offrant des performances éducatives pour enfants valorisant la beauté et la diversité.
Sur le plan intellectuel, Fès accueille une série de rencontres philosophiques et dialogues, rassemblant penseurs, poètes, savants et artistes du Maroc et du monde, autour de la question centrale : Comment vivre poétiquement dans un monde en transformation ?. Ces échanges visent à renforcer le dialogue entre pensée et expérience, entre héritage spirituel et défis contemporains.
Une conférence hommage sera également consacrée à Samy Ali, fondateur de l’école psychophysique relationnelle, explorant les liens entre science, symbolisme et spiritualité, et comment la guérison peut émerger de l’interaction entre émotions, langage et imagination soufie.
Le programme comprend aussi des expositions et ateliers artistiques, notamment « Les spiritualités multiples du Maroc » de l’artiste Manuel Benico, illustrant la diversité spirituelle et culturelle du pays, ainsi que des ateliers sur la danse, les parfums et la poésie, destinés à promouvoir la cohabitation harmonieuse et l’éducation à la beauté.
Fouzi Sqalli a conclu en soulignant que le festival ne vise pas à célébrer un patrimoine figé, mais à réinventer une humanité spirituelle qui unisse intelligence, beauté et profondeur intérieure, affirmant que Fès demeure un phare d’espoir et d’harmonie, un laboratoire pour renouveler les valeurs qui font de la culture un pont vers une humanité en phase avec son temps.

