Pour la première fois depuis le lancement de l’indice Henley des passeports il y a vingt ans, le passeport américain sort du top 10 mondial, reflétant des changements significatifs dans la mobilité internationale et les politiques d’entrée entre pays.
Selon le classement publié par Henley & Partners, les États-Unis se classent désormais à la 12ᵉ position, à égalité avec la Malaisie, leurs citoyens pouvant accéder à 180 destinations sans visa préalable ou avec des formalités simplifiées, sur un total de 227 destinations évaluées par l’indice, basé sur les données de l’Association du transport aérien international (IATA).
En tête du classement, les passeports asiatiques continuent de dominer. Singapour occupe la première place avec un accès à 193 pays sans visa, suivie de la Corée du Sud (190 pays) et du Japon (189 pays). Du côté européen, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Suisse et le Luxembourg permettent d’accéder à 188 destinations.
Les experts attribuent le recul américain à des changements dans les politiques de réciprocité. En avril dernier, le Brésil a annulé l’exemption de visa pour les citoyens américains, canadiens et australiens, invoquant l’absence de traitement réciproque. Le Vietnam a également exclu les États-Unis de sa liste de pays autorisés à entrer sans visa. La Somalie a lancé un système de visa électronique sans inclure Washington, tandis que la Chine poursuit une politique d’ouverture envers plusieurs pays européens, excluant toutefois les États-Unis.
Christian Kälin, président de Henley & Partners, a souligné que ce recul « n’est pas seulement un changement de classement, mais reflète une transformation majeure dans les équilibres du pouvoir doux et la mobilité mondiale », ajoutant que les pays adoptant ouverture et coopération récoltent des avantages rapides.
Par ailleurs, la Chine a progressé de la 94ᵉ place en 2015 à la 64ᵉ cette année, après avoir élargi la liste des pays autorisés à entrer sans visa, incluant la Russie, plusieurs pays du Golfe, d’Amérique du Sud et d’Europe. Les Émirats arabes unis ont également connu une ascension notable, passant de la 42ᵉ place il y a dix ans à la 8ᵉ mondiale, devenant un exemple de réussite régionale.
À l’inverse, l’Afghanistan reste en queue de peloton (106ᵉ position) avec accès à seulement 24 destinations, suivi de la Syrie et de l’Irak, maintenant un écart de 169 destinations entre les passeports les plus puissants et les plus faibles.
L’indice Henley est l’un des classements mondiaux de référence, aux côtés de celui de Arton Capital, qui place le passeport émirati en tête pour 2025 avec un score de 179, devançant Singapour et l’Espagne, toutes deux à 175.

