La ville d’Oujda a abrité, samedi soir, une cérémonie d’hommage dédiée au penseur et homme politique marocain feu Abdellah Ibrahim, dans le cadre de la cinquième édition du Salon maghrébin du livre « Lettres du Maghreb ». Cet hommage vient saluer un parcours national et intellectuel exceptionnel ainsi que les contributions marquantes du défunt dans les domaines de la culture et de la politique au Maroc.
La cérémonie a réuni plusieurs personnalités politiques et culturelles, parmi lesquelles Mohamed M’Barki, président du Salon maghrébin du livre, ainsi que des membres de la famille et des amis du défunt. Tous ont rappelé les étapes majeures de sa vie, soulignant son rôle central dans l’histoire politique et intellectuelle du Maroc contemporain.
Cet hommage constitue une reconnaissance du rôle d’Abdellah Ibrahim en tant que figure emblématique du mouvement national et signataire du Manifeste de l’indépendance, mais également comme l’un des intellectuels marocains les plus influents, défenseur des valeurs de modernité, de démocratie et de réforme.
Dans une allocution empreinte d’émotion, Tarek Abdellah Ibrahim, fils du défunt, a exprimé sa profonde gratitude envers les organisateurs pour cette initiative, rappelant que son père considérait la politique comme un engagement moral fondé sur des principes, et non comme une quête d’intérêts personnels. Il a ajouté que le défunt avait consacré sa vie à la réflexion et à l’action nationale, s’intéressant aux grandes questions culturelles et à l’idéal d’un Maghreb uni, inspiré par une vision culturelle et intellectuelle commune.
Pour sa part, l’homme politique et écrivain Hassan Benaddi a souligné qu’Abdellah Ibrahim incarnait une figure unique de l’intellectuel engagé et de l’homme d’État intègre, précisant que sa pensée se distinguait par la profondeur de l’analyse et la justesse de la vision, ce qui en faisait une référence dans les parcours de réforme politique et intellectuelle au Maroc.
Né en 1918 et décédé en 2005, Abdellah Ibrahim demeure l’une des grandes figures du Maroc moderne. Il a dirigé le gouvernement entre 1958 et 1960, laissant derrière lui un riche héritage intellectuel à travers ses écrits, articles et études littéraires et politiques, témoignant de sa vision éclairée pour l’avenir du pays.
Tout au long de sa vie, il est resté un symbole de probité intellectuelle, de réforme politique et une voix nationale engagée pour la liberté, la justice et la construction d’une société démocratique moderne.

