La grande poétesse ivoirienne Tanella Boni a reçu jeudi soir à Asilah le prix « Tchicaya U Tam’si » de la poésie africaine pour sa treizième édition, dans le cadre de la 46e édition du Festival culturel international d’Asilah, en présence d’éminents penseurs, universitaires, artistes et écrivains marocains et étrangers.
Cette prestigieuse distinction lui a été attribuée en reconnaissance de son parcours intellectuel riche, de la profondeur de son œuvre poétique et de la dimension humaine qui caractérise son écriture, des valeurs qui incarnent l’esprit et la portée de ce prix.
Lors de la cérémonie, Hatim El Batyoui, secrétaire général du Forum d’Asilah, a souligné que ce trophée célèbre le talent exceptionnel de Tanella Boni, dont les œuvres se distinguent par un sens poétique unique dans l’espace de la poésie francophone africaine, par la diversité de ses thèmes et par sa richesse esthétique. Il a ajouté que le choix de Boni reflète son rôle en tant que voix féminine majeure de la littérature africaine contemporaine, abordant des sujets tels que l’identité, la condition de la femme et les transformations sociales en Afrique.
De son côté, Ghizlane Darous, directrice du Livre au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a salué la poétesse, affirmant que le prix célèbre non seulement son talent poétique exceptionnel, mais aussi son engagement profond au service de la justice et de la liberté, qualifiant son œuvre de conscience vivante et de mémoire transmise, alliant rigueur intellectuelle et émotion humaine.
Amadou Lamine Sall, président du jury, poète renommé et directeur du Biennale internationale de la poésie de Dakar, a précisé que le choix de Tanella Boni s’est fondé sur la solidité de son parcours intellectuel, la richesse de sa production poétique et la profondeur de ses écrits, soulignant qu’elle a su imposer sa voix unique sur la scène poétique africaine.
La poétesse a exprimé sa grande émotion et sa fierté à l’occasion de cette distinction, affirmant que ce prix lui donne la force de continuer à écrire et de défendre les valeurs humaines fondamentales, telles que la solidarité, la dignité et la fraternité. Elle a déclaré : « C’est la deuxième fois que le destin me réunit à Asilah, cette ville que l’art et la poésie adorent, et que le poète Tchicaya U Tam’si aimait profondément. »
Née à Abidjan en 1954, Tanella Boni est l’une des voix féminines les plus marquantes de la littérature africaine contemporaine. Son œuvre allie engagement social et culturel et rigueur esthétique et artistique. Elle a également présidé l’Union des écrivains de Côte d’Ivoire et contribué à l’organisation du Festival international de poésie d’Abidjan.
Tanella Boni devient ainsi la deuxième poétesse ivoirienne à recevoir le prix « Tchicaya U Tam’si », après Josée Guébo en 2014. Créé en 1988 par feu Mohamed Ben Issa, ancien secrétaire général du Forum d’Asilah, ce prix récompense tous les trois ans les poètes africains les plus éminents.

